Fisker Atlantic : Même mauvais Karma?

Est-ce que Fisker s’est regardé dans un miroir éclaté pour ainsi vivre sept années de malheur? Et est-ce que le second modèle Atlantic, qui devait entrer en production à la fin 2012, subira le même… Karma? 

Quand ça va mal, ça va mal. Fisker, la compagnie californienne fondée en 2007 par le designer Henrik Fisker (n’oubliez pas le « k » à Henrik, sinon celui qui a vu aux designs des Aston Martin DB9 et BMW Z8 vous le fera savoir…), est en butte à une série de malheurs.

Des malheurs qui ont fait particulièrement crescendo ces six derniers mois.

Entre le feu et l’eau
Il y a d’abord eu, l’été dernier, deux épisodes d’incendies spontanés à bord de ses berlines sport quatre portes Karma, dont l’un en Californie qui a abouti au rappel d’un ventilateur défectueux.

Et alors que 320 Karmas fabriquées en Finlande attendaient au Port de Newark une pièce de rechange visant justement à régler ce problème de ventilateur, la tempête Sandy s’est abattue sur la région.

Pour certains constructeurs, perdre 320 voitures aux mains de Mère Nature n’aurait même pas paru dans le bilan de fin d’année, mais quand on s’appelle Fisker et que depuis ses premiers modèles livrés à la fin 2011, on a fabriqué moins de 2000 exemplaires, ça fait mal.
 
Question de gros sous
Il y a aussi eu des critiques dévastatrices de la part de Consumer Report, qui a trouvé pas mal coûteux d’acheter une Karma à 108 000$US… qui n’a roulé que 200 miles avant de temporairement rendre l’âme.

Et c’est sans compter qu’à l’automne dernier, le fournisseur de batteries A123 Systems a déclaré faillite. L’entreprise vient cependant d’être rachetée par la branche américaine du fabricant chinois de pièces automobiles Wanxiang et ce dernier a montré un intérêt envers Fisker, principal client d’A123 Systems. 

Oh, et il y a ce prêt gouvernemental qui a été suspendu en cours de route – Fisker n’aura donc pu obtenir que le tiers des 529$ millions promis par l’Energy Department. pour le développement de véhicules « verts ».

Devant ces malheurs répétés, la compagnie n’a eu d’autre choix que de cesser toute production et depuis l’été dernier, elle n’a pas construit d’autres Karma.

De GM à BMW
Sept ans de malheur, disions-nous. Voilà qui augure plutôt mal pour l’avenir de l’Atlantic, le second modèle de Fisker dévoilé à New York au printemps dernier et dont la production devait débuter… à la fin de 2012. On est comme un p’tit peu en retard, notez bien.

L’Atlantic reprend la formule « électrique branchée secondée par un moteur à combustion » de la Karma, c’est-à-dire un dispositif hybride « prolongateur d’énergie » similaire à la Chevrolet Volt. 

Cependant, au lieu du quatre cylindres turbo fourni par GM et qui propulse la Karma quand les 60 kilomètres d’autonomie électrique sont épuisés, l’Atlantic entend plutôt compter sur un quatre cylindres turbo développé par BMW.

De dimensions plus petites (pensez BMW Série 3) et sans doute plus légère que les 2452kg de la Karma (c’est le poids d’un utilitaire, ça…), l’Atlantic devait aussi se pointer à moitié moins cher, soit à environ 55 000$. On promettait également que la voiture à propulsion serait offerte avec l’optionnelle traction intégrale.

De ce côté-ci de… l’Atlantic
Surtout, au lieu d’être fabriquée de l’autre côté de… l’Atlantique, la Fisker Atlantic était attendue par les chaînes de montage aujourd’hui désaffectées d’une usine de GM située au Delaware. 

On prévoyait y assembler de 75 000 à 100 000 unités par année – une marque très ambitieuse, si l’on considère que la Chevrolet Volt s’est écoulée en moins de 25 000 unités l’an dernier.

On ne sait encore si l’habitacle de l’Atlantic, à l’instar de la grande soeur Karma, va être encore l’apanage de la canadienne Magna International.

Une chose est sûre, cependant, le concept Surf (un break dans la foulée de la Ferrari FF et présenté à Francfort à l’automne 2011), de même que le prototype Sunset (une Karma décapotable, dit simplement) ont définitivement été placés sur le rond arrière du poêle, le temps que Fisker se refasse une santé financière… ou trouve un partenaire intéressé à lui redonner un second souffle.

En attendant, il y a toujours moyen de mettre son nom sur la liste d’attente pour… une VL Destino. Soit une Fisker Karma à laquelle l’ancien grand manitou de GM, Bob Lutz, a retranché le coeur d’hybride, pour mieux lui accorder le V8 suralimenté de 638 chevaux de la Chevrolet Corvette ZR1.

Le monde à l’envers, quoi.

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