Saleen S7, l’autre supervoiture américaine

Le monde de la voiture d’exception est souvent une affaire – le nom le dit – exotique! Disons que notre continent n’a pas une tradition de voiture exotique aussi bien ancrée que le continent européen. Même le Japon peut se targuer d’avoir plus d’histoire à ce niveau si on tient compte de quelques modèles sport mythiques. Bien sûr, l’histoire de la Vector n’est pas passée inaperçue, tandis que les exploits de Shelby Supercars (SSC) pour arracher le titre de la voiture de série la plus rapide au monde ne sont pas à dénigrer. Il y a au moins un autre bolide typiquement « made in USA » qui mérite notre attention : la Saleen S7.

L’apogée de Steve Saleen
L’histoire derrière cet autre missile terrestre débute bien avant l’an 2000, date d’introduction de la S7. Steve Saleen, fondateur de la compagnie qui porte son nom et pilote chevronné, va rapidement gravir les échelons de la course automobile. Son équipe de course va également connaître beaucoup de succès pendant les années 80 et 90. Rapidement, le nom Saleen sera associé aux Ford Mustang de ce monde. En effet, le préparateur va offrir aux amateurs du ponycar la possibilité d’améliorer les performances de leur voiture.

Toutefois, c’est en 2000 que Saleen va réellement marquer le segment de la supervoiture avec la S7. À sa sortie, le petit constructeur affirmait qu’il venait de lancer la « voiture de production la plus rapide au monde ». Afin d’ajouter de la crédibilité à cette nouveauté, Saleen va même pousser l’audace en développant une version destinée à la compétition, la S7R.
Inspirée de la course automobile

Contrairement aux modèles sur lesquels l’entreprise a travaillé au fil du temps (Ford Mustang, Ford Focus, Ford Explorer, Dodge Challenger, Chevrolet Camaro, etc.), la S7 adopte une ligne beaucoup plus élégante, digne des véritables exotiques. On reconnaît assez rapidement l’héritage de course automobile dans le design de la S7. Cette carrosserie en plastique renforcée de fibre de carbone rappelle étrangement les bolides qui participent aux 24 Heures du Mans.

Les nombreuses trappes d’aération, tant à l’avant, sur les flancs ou même sur le toit, contribuent à rehausser cette image de voiture de course pour la route. Les jantes sont également superbes à regarder, tandis que le long porte-à-faux arrière est également un hommage à ces bolides d’endurance. Les portières en ailette ajoutent évidemment un peu de piquant, tandis que la partie arrière intègre un diffuseur.

Habitacle moins bien ficelé
S’il est vrai que les Mustang Saleen de ce monde ont parfois la réputation d’être assemblées de manière artisanale, celui de la S7 ne fait pas exception. Le dessin de la planche n’est pas aussi original qu’on le croirait. Le système audio logé en plein centre de la console centrale fait plus « tuning » que sérieux et les plus fins auront remarqué les quelques boutons d’origine Ford. Au moins, les deux sièges sport et le volant agréable à prendre en main aident la cause de cette S7. Notez également la présence de l’indicateur de vitesse qui monte jusqu’à 390 km/h.

Un V8 Ford… tout simplement

Lorsque la S7 est arrivée sur le marché exclusif de la supervoiture aux débuts des années 2000, la mécanique d’origine Ford, un V8 d’une cylindrée de 427 pouces cubes ou 7 litres développait la bagatelle de 550 chevaux, le tout relié à une transmission manuelle à 6 rapports. Vous aurez déjà compris que la mécanique était logée en plein centre et que celle-ci envoyait toute la puissance aux seules roues motrices arrière.

En 2005, Saleen va revoir à la hausse sa supervoiture en lui donnant une paire de turbocompresseurs. Cet ajout va faire monter la puissance à 750 chevaux. Et, pour ceux qui voulaient atteindre le septième ciel à chaque accélération, il était possible de faire grimper ce chiffre à 1000 chevaux, grâce à l’installation de plus grosses turbines. Il faut ajouter que cette injection de puissance va obliger les ingénieurs du petit constructeur à revoir la suspension de la voiture, ainsi qu’à inclure un nouveau diffuseur, un aileron arrière et de nouvelles ailes avant pour améliorer l’aérodynamisme de la voiture.

Performances à la hauteur
La S7 a tous les éléments pour être considérée comme une véritable supervoiture : elle a une gueule d’enfer, une mécanique endiablée et même ses performances pures font d’elle une machine de guerre. En effet, la première version « de base » de la Saleen annonçait un 0-97 km/h en 3,6 secondes et un quart de mille effectué en 11,4 secondes à une vitesse de 204 km/h. Cette statistique va évidemment s’améliorer avec le venue de l’édition Twin Turbo puisque le sprint à 97 km/h ne prenait que 2,8 secondes, tandis que le quart de mille était accompli en 10,7 secondes à une vitesse de 219 km/h.
Saleen va profiter du sport motorisé pour prouver au monde entier que la S7 était à la hauteur des attentes. Les nombreuses victoires en championnat GT de la FIA ou même aux 24 Heures du Mans et aux 12 Heures de Sebring vont confirmer cette affirmation.

Un succès en demi-teinte
Comme c’est souvent le cas avec ce genre de voiture, la production de cet oiseau rare va demeurer limitée. La production va prendre fin en 2007 avec des ventes bien en deçà des prédictions initiales. Saleen avait prévu une production annuelle de 50 unités par année, mais le plus haut total sera atteint en 2006 avec 16 d’entre elles. De plus, le prix exorbitant de près de 600 000$ US représentait un obstacle important, surtout face à d’autres supervoitures de renom international.

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